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Les produits laitiers sont-ils vraiment « nos amis pour la vie » ?

 

J’ai été chargée dernièrement d’intervenir sur la question des produits laitiers. Je me suis donc penchée sur le sujet. Réflexions autour des produits laitiers et de leur juste consommation.

 

On a tous au moins une fois croisé le slogan du Ministère de la santé sur les produits laitiers : « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie ». Le Programme National Nutrition Santé a été lancé en 2001 dans le but d’améliorer l’état de santé de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Ce programme affirme haut et fort sur son site mangerbouger.fr que nous devons consommer 3 produits laitiers par jour.

 

Le journaliste scientifique Thierry Souccar au cours de plus de 5 années d’enquête a démontré comment le lobby laitier a réussi en l’espace de 7 décennies à faire d’un aliment ordinaire un incontournable de l’alimentation moderne. Il souligne de plus de nombreux conflits d’intérêt, dont celui du dr Serge Hercberg qui est membre du comité scientifique chez Candia. Celui-ci a été propulsé à la tête du PNNS à la fin de l’année 1999 par les ministères de la santé, de l’éducation nationale et de l’agriculture. La proximité entre un expert de l’industrie laitière et la responsabilité d’un plan santé émanant des pouvoirs publics heurte le bon sens éthique !

L’année suivante, le PNNS se fixait comme objectif prioritaire d’augmenter chez tous les Français la consommation de calcium…

 

La recommandation de consommer 3 produits laitiers par jour est devenue un slogan largement relayé par un marketing bien musclé. A-t-elle pour but de nourrir la santé de nos os ou celle de l’industrie laitière ?

 

Les produits laitiers sont-ils vraiment bons pour la santé ?

Leur composition

Le lait de vache contient :

  • des sucres, essentiellement du lactose (48 g/l)
  • de la graisse (39 g/l)
  • des protéines (33 g/l) : caséine, albumine, globuline
  • de la vitamine A
  • des vitamines B
  • des sels minéraux, dont 1250 mg/l de calcium

Les constituants des autres laits consommés par l’humain peuvent varier :

  • le lait de brebis est beaucoup plus riche en graisses et protéines que le lait de vache
  • le lait de chèvre est plus proche de la composition du lait de vache et possède l’avantage d’être moins doté de facteurs de croissance

De même, les fromages sont plus riches en protéines et en graisses que le lait. La crème fraîche (30% de lipides) et le beurre (82% de lipides) sont encore plus gras que le lait.

Les yaourts sont le résultat du lait fermenté par des bactéries. Ils ont une composition proche de celle du lait.

 

Leur consommation régulière engendre des troubles variés

Quel que soit le laitage ou le lait animal consommé, ses constituants peuvent être à l’origine de troubles plus ou moins gênants, comme :

  • des troubles digestifs, notamment des intolérances ou allergies au lait,
  • du diabète,
  • des troubles dermatologiques,
  • des troubles ORL,
  • et autres…

L’éviction totale de tous les produits laitiers pendant quelques semaines engendre une amélioration significative chez les intolérants et allergiques des troubles dermatologiques, ORL ou digestifs.Tous les symptômes s’améliorent ou disparaissent.

 

Plusieurs raisons à cette évolution :

  • la modification de l’alimentation des vaches et autres mammifères
  • les nombreuses interventions faites sur le lait (20 à 30 étapes de transformation du lait)
  • dans un litre de lait, on peut retrouver jusqu’à 30 000 profils immunologiques différents car les unités industrielles sont de plus en plus grandes, jusqu’à atteindre des proportions gigantesques (plusieurs milliers de bêtes) : boire un verre de lait engendre donc une avalanche d’informations qui perturbe notre système immunitaire,
  • Depuis les années 1960, la consommation de laitages a augmenté de +220% selon un rapport récent de l’INSEE.

 

 

Les produits laitiers sont-ils une source incontournable de calcium ?

L’industrie laitière, les médias et le monde médical  indiquent que ces produits sont indispensables à notre santé. Pourtant, pendant près de 4 millions d’années, l’humanité a survécu sans en consommer !

Il est indéniable que le calcium est un minéral essentiel à notre organisme. Il est utilisé pour :

  • la coagulation sanguine,
  • la neurotransmission,
  • les battements cardiaques et le cœur,
  • les structures osseuses,
  • les structures dentaires.

La référence nutritionnelle pour la population (RNP) en France pour un adulte est de 900 mg/j. D’où la fameuse préconisation de consommer 3 produits laitiers chaque jour.

Mais cette référence vaut dans le cadre de l’alimentation occidentale moderne, à tendance hyperprotéinée et hypersodée, qui augmente les pertes urinaires de calcium.

Selon un rapport de l’OMS et la FAO, un besoin de calcium moindre (500 mg/j) est observé chez les personnes ayant une alimentation beaucoup plus végétale (comme en Asie ou en Afrique), et qui s’exposent suffisamment au soleil (la vitamine D favorise son absorption).

En pratique, le calcium est présent dans de très nombreux végétaux et une alimentation diversifiée permet un apport adéquat :

  • légumes et fruits frais,
  • céréales complètes et légumineuses,
  • oléagineux,
  • boissons végétales enrichies en calcium…

De plus, le calcium contenu dans les végétaux est mieux assimilé que celui des laitages. Le coefficient d’absorption  des crucifères est de 62%, contre 32% pour les produits laitiers. Thierry Souccar et Isabelle Robard, dans leur livre Santé, mensonges et propagande, indiquent que 100g de chou chinois apportent plus de calcium qu’un verre de lait.

 

 

Les laitages préviennent-ils les troubles de santé ?

On entend aussi très souvent que les laitages préviennent les risques d’ostéoporose et de fractures. Si c’était le cas, les pays gros consommateurs de laitages devraient être les mieux protégés. Au contraire, la Suède, la Norvège, les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Irlande ou encore la Finlande sont les pays les plus affectés par l’ostéoporose et les fractures. En revanche, au Japon où les habitants ne consomment pas de laitage, et consomment moitié moins de calcium que les américains, l’ostéoporose est très rare.

Des études existent qui expliquent ces observations et contestent l’intérêt du calcium laitier pour la santé osseuse et la lutte contre l’ostéoporose.

Ainsi, les chercheurs de l’université d’Uppsala en Suède ont montré à travers une étude portant sur plusieurs dizaines de milliers de personnes le lien entre la consommation de lait et certains problèmes de santé :

  • le risque relatif de décès par cancer du sein est 90% plus élevé chez les femmes qui consomment trois verres de lait ou plus/jour par rapport à celles qui boivent moins d’un verre par jour,
  • le risque de fracture de la hanche est 60% plus élevé chez les femmes qui consomment trois verres de lait ou plus par jour par rapport à celles qui boivent moins d’un verre de lait/jour.

Le lait maternel est l’aliment du nourrisson, sa composition est parfaitement adaptée aux besoins physiologiques de l’être en devenir, sous réserve que la maman ait une alimentation riche en nutriments essentiels (omégas 3, magnésium, zinc).

Le lait bovin contient trois fois plus de protéines que le lait humain en plus des facteurs de croissance IGF1. Sa composition est très bien adaptée aux besoins du veau qui multiplie son poids de naissance par 10 en un an. Mais elle n’est pas adaptée aux humains. En effet, on soupçonne les facteurs de croissance d’engendrer la prolifération de cellules cancéreuses. Aussi, une forte consommation du calcium des laitages bloque l’absorption de la vitamine D qui protège des risques du cancer.

Une étude américaine portant sur 1893 femmes diagnostiquées à un stade précoce de cancer invasif et suivies sur une durée moyenne de 12 ans, conclut que :

  • les femmes qui ont consommé moins d’une portion par jour de produit laitier entier ont un risque de mortalité plus élevé de 20% que celles qui n’en ont pas du tout consommé,
  • ce risque est augmenté de près de 49% pour celles qui ont mangé une portion par jour ou plus.

D’autres études montrent que l’ingestion de protéines de lait de vache au plus jeune âge semble favoriser le diabète de type 1 insulinodépendant.

Par ailleurs, le lait nécessite un gros travail digestif. Ainsi, une alimentation à dominante végétale constituée de produits de saison variés, frais et en circuits courts répondra parfaitement et bien mieux aux conditions nécessaires pour nourrir et entretenir notre flore intestinale que la consommation de produits laitiers.

 

Les substituts végétaux : l’embarras du choix et le plaisir du lait sans les inconvénients

Les laits végétaux ont de nombreux avantages :

  • ils sont plus digestes,
  • ils contiennent moins de graisses saturées,
  • ils n’ont pas d’hormone de croissance et ne nécessitent pas l’enzyme lactase pour être digérés,
  • aussi, le calcium rajouté dans les laits végétaux « enrichis » est deux fois plus assimilable que celui du lait de vache : 60% du calcium végétal est assimilable contre seulement 30% du calcium du lait de vache.
  • Ainsi, un bol de lait végétal enrichi en calcium végétal apporte autant de calcium que deux bols de lait de vache, comme l’indique Thierry Souccar dans son livre Lait, mensonges et propagande.

Aujourd’hui aussi, on entend de plus en plus parler de fromages végétaux. On peut les réaliser soi-même, à base d’oléagineux ou de tofu ou les trouver à l’achat dans le commerce.

 

Alors, on se met aux substituts laitiers ?

 

Lucile Boullet, naturopathe à Lyon

 

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