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Mon expérience du jeûne

Cela fait plusieurs années que j’accompagne régulièrement des personnes qui souhaitent jeûner. Or je n’avais moi-même, jusqu’alors, jamais expérimenté de jeûne de plus de 3 jours. Ainsi, quelques jours après le début de la période de confinement, j’ai décidé de me lancer !

Comme je vous ai tenu au courant de mon jeûne via les réseaux sociaux (ici & ici), vous avez été nombreux à manifester de l’intérêt, à demander des précisons et conseils, ou encore à me solliciter pour un accompagnement à cette pratique. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de partager mon expérience dans ce petit article. Il vous donnera aussi quelques points de repère afin que vous puissiez, si vous le souhaitez, expérimenter en toute sécurité le jeûne qui vous convient et ainsi en retirer le maximum de bienfaits.

Qu’est-ce que le jeûne ?

Une pratique ancestrale utilisée en naturopathie

Cette pratique utilisée en naturopathie repose sur la mise au repos de l’appareil digestif. On s’abstient d’ingérer tout type d’aliments, à l’exception de l’eau et d’éventuelles tisanes (jeûne hydrique). Il en découle différents bienfaits : la détoxification de l’organisme, un regain de vitalité et l’amélioration de la santé sur le long terme.

Jeûner dans quel but ?

Au lieu de dépenser de l’énergie à digérer, le corps va l’utiliser pour les fonctions métaboliques qui en ont le plus besoin. Il pourra ainsi nettoyer l’organisme de ses déchets en surcharge, activer ses forces d’auto-guérison, ou encore cicatriser et régénérer les tissus. Un jeûne peut aussi être entrepris dans le cadre d’une démarche spirituelle. En effet, les bienfaits se font généralement ressentir sur tous les plans de l’être.

Quelques mises en garde

En tant que naturopathe, je ne peux me dispenser d’avertir sur le fait que le jeûne, bien que de plus en plus à la mode, n’est pas indiqué pour tout le monde. En effet, dans certains cas, cette pratique pourra déséquilibrer encore plus un organisme fragilisé. Les personnes très fatiguées, carencées, ou souffrant de certaines maladies pourront n’en tirer ainsi aucun bénéfice, ou voir leur situation s’aggraver à la suite. Dans ce type de cas, un bilan avec un naturopathe permettra de travailler sur le terrain, combler les éventuelles carences, faire le point, régénérer les organes affaiblis, gagner en vitalité, etc.

Au-delà de trois jours de jeûne, je conseille également d’être accompagné par un spécialiste afin d’en retirer tous les bienfaits.

Aussi, cette pratique est à proscrire en cas de grossesse et d’allaitement.

L’entrée dans le jeûne et mon expérience

Comme je le dis plus haut, j’avais envie de jeûner, je ressentais très fortement les énergies de nettoyage de ce temps de renouveau qu’est la période printanière. Aussi, les beaux jours et le soleil plus présent m’encourageaient à tenter l’expérience.

La saison idéale

Et en effet, je conseille de préférer jeûner pendant une période chaude telle que le printemps ou l’été. Il me semble également important de savoir pourquoi on jeûne et d’avoir l’envie et la motivation de tenter l’expérience.

Préparer et sortir du jeûne

Le jeûne doit également être précédé et suivi d’une période de transition de durée généralement égale à celle du jeûne afin d’éviter ou de réduire les crises curatives.

Qu’est-ce que les crises curatives ?

Un nettoyage nécessaire

Ces crises sont les manifestations du travail d’élimination d’un organisme qui profite de ce temps de pause pour utiliser au maximum ses émonctoires (ou organes éliminateurs) afin d’effectuer un nettoyage essentiel. Bien souvent, le corps aurait dû effectuer ce travail depuis longtemps, mais il n’avait pu l’accomplir jusqu’alors, trop occupé à gérer les « déchets » quotidiens.

Différents symptômes

Les manifestations lors des crises sont fonction des surcharges et peuvent se traduire par des maux de tête, de la fièvre, des diarrhées, des éruptions cutanées, des vomissements ou encore une transpiration inhabituelle… D’autres manifestations telles que des idées ou émotions, des larmes ou de la colère par exemple, peuvent aussi s’exprimer lors de cette période particulière.

Ces manifestations seront d’autant plus grandes que les surcharges et la vitalité sont importantes et que la cure est longue.

Le jeûne peu adapté en cas de surcharges trop importantes

Dans le cas où les surcharges sont importantes, ce que nous évaluons en consultation de naturopathie, je conseille avant d’entamer un jeûne de commencer par quelques monodiètes courtes ou des cures naturopathiques qui cibleront les organes à régénérer et permettront de manière adaptée et douce d’aller vers plus d’équilibre et de vitalité. Cette démarche évitera ou réduira ces phénomènes d’éliminations afin que le jeûne profite à l’organisme.

Mon expérience

De mon côté, l’entrée dans le jeûne s’est faite sans encombre : je n’ai eu que très peu de symptômes de « détox » mais je dois préciser que j’effectue, quand j’en ressens le besoin, des cures de plantes ciblées qui soutiennent alors mon organisme dans son fonctionnement métabolique et ses fonctions de nettoyage.

De plus, étant depuis quelques temps dans ces énergies printanières, j’avais naturellement allégé mon alimentation que j’avais enrichie de plantes aromatiques diverses et variées (très nutritives et en cela nettoyantes). Je prenais également depuis le début de l’année du pollen et de la gelée royale afin de soutenir mon énergie et ma vitalité.

Des émonctoires en bonne santé pour un jeûne efficace

Votre jeûne se passera bien sans symptômes majeurs trop désagréables si vos émonctoires ont la capacité de prendre en charge les déchets que votre organisme, libéré du travail de la digestion, remettra en circulation.

En revanche, dans le cas où vos organes éliminateurs sont fatigués, saturés car trop sollicités, l’entrée dans le jeûne risque d’être plus délicate. Car un foie fatigué (nausées, migraines, mauvaise haleine, prises régulières de médicaments, antihistaminiques, antibiotiques, antidépresseurs, pilule, etc.), des intestins ralentis (constipation notamment), ou encore des poumons fragilisés (infections ORL à répétition, tabac, etc.) par exemple, risquent d’être dépassés par le travail à effectuer lors du jeûne. Ils ne pourront alors correctement éliminer les toxines que l’organisme, s’il en a l’énergie suffisante, remettra en circulation.

Il convient donc d’avoir des émonctoires en bon état de marche ainsi qu’une vitalité suffisante pour mener à bien un jeûne. Ces paramètres s’évaluent et se préparent en consultation de naturopathie.

Que prendre pendant un jeûne ?

Le jeûne hydrique

Pendant le jeûne, je vous conseille de vous hydrater au besoin (sans excès) avec de l’eau et des tisanes qui favoriseront l’élimination des toxines.

Le jeûne sec

Vous pouvez également tenter un peu de « jeûne sec », c’est-à-dire sans eau, mais je conseille de le pratiquer au ressenti et plutôt progressivement.

Lors de mon jeûne, j’ai inclus 24 heures de jeûne sec. Le jeûne sec est très efficace et accélère le nettoyage car le corps va chercher l’eau métabolique dont il a besoin dans les graisses qu’il brûle alors plus vite. Cette eau libérée étant déjà à l’intérieur du corps, il a aussi moins besoin d’énergie pour l’utiliser. J’ai commencé le jeûne sec presque naturellement sans y penser et l’ai très facilement poursuivi pendant 24 heures. Le lendemain matin, comme j’avais très envie de boire, je l’ai naturellement arrêté.

Rester à l’écoute de ses besoins

Dans un jeûne comme dans toute cure de nettoyage, je conseille de rester à l’écoute de son corps et de ses besoins. Ainsi j’ai pu constater en accompagnant mes consultants à jeûner, en jeûnant moi-même, ainsi qu’à travers mes nombreuses lectures sur le sujet, que chaque jeûne est différent.

Me concernant, j’avais dans l’idée de jeûner « autant de jours qu’il le faudrait », c’est-à-dire d’attendre que mon corps me signifie qu’il est temps de se réalimenter. En effet, bien souvent, quand on jeûne, on perd la sensation de faim durant les premiers jours. Quand celle-ci revient, de manière franche et claire, c’est le signe que c’est le moment de rompre le jeûne. Je souhaitais donc me laisser guider par mes sensations et « profiter » de cette période de confinement et d’un emploi du temps de consultations allégé pour un jeûne sans limite fixée de durée. Cette écoute m’a amenée à stopper mon jeûne au bout de 5 jours, alors même que j’imaginais jeûner plus longtemps…

Ainsi, si vous vous lancez dans un jeûne, je vous conseille d’adopter cette démarche. La plupart des personnes que j’accompagne à jeûner ont un objectif chiffré de jours en tête. C’est le meilleur moyen d’être déçu car en jeûne c’est le corps qui décide, pas vous 😉

Quel environnement pour jeûner dans les meilleures conditions ?

Un environnement favorable au jeûne, sans stress

Il convient pour un jeûne dans les meilleures conditions de bénéficier d’un environnement favorable à cette pratique et sans stress.

Et c’est là que me concernant ça n’a pas été idéal. En effet, je pensais disposer d’un emploi du temps de consultations allégé, mais il ne l’était sans doute pas suffisamment, avec consultations, ouvrage sur la grossesse auquel je travaille, et échéances. Ainsi, plus le temps de mon jeûne avançait et plus ces tâches me demandaient une énergie considérable. Mon corps me le signalait pas une fatigue profonde, une très grande lassitude, l’impression d’être vidée de toute énergie. Vous imaginez dans ces circonstances ce que me coûtait de rassembler tout ce qu’il pouvait me rester de mon énergie afin d’être disponible pour les consultations… 😉

C’est pour cette raison que j’ai arrêté mon jeûne au bout de 5 jours, n’étant plus en mesure d’être aussi efficace que ce que mon emploi du temps (et mental du coup 😉 ) exigeaient.  

Nourrir l’organisme sur d’autres plans

Je conseille donc pour un jeûne dans les meilleures conditions de prévoir un temps de pause et un environnement favorable sans stress. Il sera également bénéfique de se nourrir sur d’autres plans : contact avec la nature, activités artistiques ou encore lectures et films inspirants. Pratiquer une activité physique douce telle que le yoga ou la marche pourra aussi être une très bonne idée, mais avant tout, je préconiserai de s’écouter, de ne rien se dicter, de ne rien prévoir, mais au contraire d’accueillir ce qui vient et les envies et besoins du moment.

Rester vigilent et savoir s’arrêter quand c’est le moment

En cas d’effets secondaires non souhaités, il conviendra d’arrêter le jeûne et de prendre conseil auprès de son naturopathe ou d’un médecin. Lors de mes accompagnements, je suis disponible entre les consultations afin de vous accompagner au mieux. En jeûne il est souvent déterminant d’avoir un interlocuteur qui peut rassurer et avec qui échanger.

Le bilan du jeûne

De nombreux bienfaits

Les bienfaits d’un jeûne sont souvent nombreux et variés. Suite à cette expérience, j’ai retrouvé une peau de bébé, j’ai gagné en énergie, motivation, concentration et… expérience et connaissance de moi et mon corps.

A chacun un jeûne qui convient

J’ai décidé de continuer à profiter de cette période spéciale de confinement pour poursuivre par un autre type de jeûne : le jeûne intermittent. Je le pratiquais déjà depuis plusieurs mois avec beaucoup de bénéfices, mais de manière assez souple et adaptée à mon emploi du temps ; je l’ai un peu aménagé en respectant des plages de 17 à 24 heures de jeûne quotidien. Ce jeûne est actuellement beaucoup plus adapté à cette période et à mon organisme et je sens qu’il lui permet de prolonger et asseoir les bénéfices du jeûne de 5 jours. Aussi, mon énergie remonte graduellement depuis la fin de mon jeûne et j’observe un fonctionnement métabolique optimisé de mon organisme (si je puis dire 😉 ) : très bonne énergie, meilleure concentration et efficacité, idées plus claires, jolie peau, cycle féminin hyper régulier et confortable, digestion impeccable et j’en passe…

Si le jeûne intermittent vous intéresse, je pourrais y consacrer un prochain article, n’hésitez pas à me faire part de vos souhaits… 🙂

Je reste sinon actuellement disponible pour les consultations à distance par skype et téléphone durant la période de confinement ; celles-ci reprendront courant mai en physique avec toutes les précautions d’hygiène nécessaires (mise à disposition de gel hydroalcoolique, hygiène accru du lieu de réception, etc.).

Au plaisir de vous accompagner à jeûner ou pour toute autre problématique de santé !

Lucile Boullet, naturopathe à Lyon

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